<<

Sleeping Works : Présentation

Sleeping Works est un « Work in Progress » comprenant différentes réalisations vidéos, photographiques, textuelles et sonores afin de créer une installation d’investigations globale qui puisse être visionnée et traversée comme un univers d’interrogations et d’initiations sur le monde du sommeil et du rêve, repoussant les frontières d’interprétation et de représentation mentale du visible. En constant devenir, l’ensemble de ces travaux propose une immersion où chacun de nous peut explorer et franchir autrement les coulisses de la nuit, où chacun peut faire naître sa propre expérience « de l’autre côté du sommeil ».

Sleeping Works is a « Work in Progress » gathering of miscellaneous video productions, photos, texts, and sounds to create a set of comprehensive investigations which can be viewed and experienced as a universe of questions and introductions on the world of sleep and dream, pushing the boundaries of the interpretation and mental representation of the visible. In constant evolution, this body of work offers an immersion for each of us to explore and experience differently the backstage of the night, for each of us to create his own experience « on the other side of sleep ».

 

Sleeping Works

Capture d’écran de la vidéo // Video screenshot Rêve gris # 1 Grey Dream, 12’03

 

Mon travail sur le monde du sommeil s’est essentiellement construit à travers la photographie avant que je ne m’empare du médium vidéo qui s’est naturellement imposé à moi. Depuis longtemps, les thèmes liés au sommeil ont été examinés par de nombreux artistes contemporains tels Andy Warhol (Sleep, 1963), Sophie Calle (Les Dormeurs, 1979), Bill Viola (The Passing, 1991 & The Sleepers, 1992), Pascal Convert (Autoportrait, Polysomnographie et Chambre de sommeil sous la forme d’électrocardiogrammes, 1991), Mounir Fatmi (Sleep, 2012), etc. Alors que les rêves sont le propre de l’homme, peu de gens s’en souviennent et rares sont ceux qui cherchent à les interpréter ou à s’en emparer comme un univers de création et d’interrogations : Que se passe-t–il au plus profond de notre sommeil ? Quelles sont les forces qui s’animent ? Comment travailler le matériau des rêves ?… J’ai choisi de décomposer l’univers des rêves à travers des filtres de couleurs provoquant des interrogations sur la nature de nos perceptions. Goethe précise qu’ « une couleur fait une impression particulière sur l’être humain et qu’elle révèle par-là son essence à l’œil et à la sensibilité ensemble. […] Le fondement de toute perception de couleurs est la possibilité pour l’œil de transmettre d’emblée deux sensations opposées l’une à l’autre ». Ces rêves ne cherchent pas à ménager l’œil du spectateur, bien au contraire, mais de faire naître l’expérience de la couleur monochrome vers des effets psychologiques et physiques, des sensations apaisantes ou dérangeantes comme le sont les rêves et les cauchemars. Mon travail propose donc des formes condensées de la conscience – autant personnelles que collectives – du désir et du fantasme, ou encore des ténèbres et du simulacre. Mes rêves colorés nous poussent ainsi, tous, vers cette part secrète qui nous habite, nous forçant à réfléchir sur la relation que nous entretenons avec le monde du rêve : est-il plus réel ou non que ce que nous considérons être la réalité ?

My work on the world of sleep was mainly developed through photography before I got hold of the video medium which imposed itself naturally. For a long time, the themes related to sleep have been studied by many contemporary artists such as Andy Warhol (Sleep, 1963), Sophie Calle (Les Dormeurs, 1979), Bill Viola (The Passing, 1991 & The Sleepers, 1992), Pascal Convert (Autoportrait, Polysomnographie and Chambre de sommeil in the form of electrocardiograms, 1991), Mounir Fatmi (Sleep, 2012), etc. Although to dream is proper to the man, few people remember their dreams and even fewer try to interpret or to get hold of their dreams as a universe of creation and questions: What happens in our deepest sleep? What are the forces getting into motion? How to work the material of dreams? … I chose to break down the universe of dreams through color filters raising questions on the nature of our perceptions. Goethe said that « a color makes a particular impression on the human being and it reveals its essence to the eye and to the sensitivity together. […] The foundation of any perception of colors is the ability for the eye to promptly convey two feelings opposed to one another« . These dreams do not seek to spare the eye of the spectator, on the contrary, but to generate the experience of the monochrome color toward psychological and physical effects, soothing or disturbing sensations, as are the dreams and nightmares. My work therefore presents the condensed forms of consciousness – both personal and collective – desire and fantasy, or even darkness and simulacrum. As such, my colorful dreams push us all toward this secret part that haunts us, forcing us to reflect on our relationship with the world of dream: is it or not more real than what we believe to be the reality?

 

Texte & Photos © Isabelle Rozenbaum – Translation © The Marketing Analysts
Sleeping Works a reçu de la Scam* la bourse « Brouillon d’un rêve : art numérique » en mars 2013.