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Portrait de l’artiste en notices biographiques

Portrait de l’artiste en sept notices biographiques // Portrait of the artist in seven biographical notes

 

Traduction en langue française :

Isabelle Rozenbaum, ancien coder, est devenue très vite artiste après avoir obtenu le diplôme de l’Academy of Art University de San Francisco. Influencée par Philip K. Dick, Isaac Asimov et David Cronenberg, elle dépose le brevet d’un Smartphone organique entièrement téléportable se rechargeant dans les tissus humains. Une édition signée et numérotée – limitée à 500 exemplaires grâce aux imprimantes 3D – s’est vendue à prix d’or dans le monde entier. Malgré de nombreux médias contre elle, elle gagne le procès retentissant que lui intentent plus d’une cinquantaine de personnes atteintes d’états de confusion cérébrale entre réel et virtuel. Par la suite, elle s’associe avec Bertrand Planes pour mettre au point la « Life Clock », horloge dont le mécanisme est ralenti 61.320 fois afin que l’aiguille des heures effectue un tour de cadran, non pas en 12 heures mais en 84 ans, soit l’espérance moyenne de vie du début du XXIe siècle, puis la fait encore ralentir 183.968 fois afin que l’aiguille des heures effectue un tour de cadran en 250 ans. Recrutée par les plus grands centres de recherches internationaux, elle collabore tant avec le CNRS, le Medialab-Sciences Po et l’École normale supérieure à Paris qu’avec la Singularity University de Google en Californie. Ses thèmes de recherche portent sur la temporalité, l’imaginaire et l’animalité, devenant le cœur de ses créations à travers une odyssée post-humaine de la société hypersophistiquée. Elle collabore étroitement avec l’Extropy Institute ainsi que sur le projet Hyperledger porté par la Fondation Linux. En parallèle, elle s’engage d’être, elle-même, le matériau vivant et témoin de toutes ses expériences et manipulations. Elle se numérise quotidiennement à l’aide de dispositifs miniaturisés interconnectés sans fils dotés de nouvelles capacités artefactuelles (implants, interfaces) et s’entoure des plus grands scientifiques, intellectuels, hommes d’affaires et journalistes pour atteindre ses objectifs. Ils construisent ensemble un technocosme, une sorte de ville intelligente comme un corps artificiel global, auxiliaire de l’individu. Isabelle Rozenbaum est ainsi devenue la coqueluche de Larry Gagosian, un des plus importants galeristes internationaux d’art contemporain, grâce à ses totems de chair humaine, fusion entre machines et monstres. Elle ne se déplace jamais sans – en permanence – une garde rapprochée de trois hommes armés et masqués.

 

 

Traduction en langue française :

Isabelle Rozenbaum est une artiste française classable dont le talent est de n’en avoir aucun si ce n’est d’être actionnaire et d’avoir été exposée au MoMA de New York. Elle n’a jamais joué à la poupée mais a lu Lucrèce et Goethe dès l’âge de 7 ans. Ses diplômes du MFA de Yale University en Photographie et du BFA de la School of Visual Arts de New York lui ont été refusés car elle ne voit pas de très loin. Elle finit toutefois par obtenir un Master BCPP en reproduction et développement à l’Université Paris-Descartes. Elle se caractérise par un imaginaire introspectif hérité de Francisco Goya. Elle a collaboré avec de nombreux artistes, telle Sophie Calle, sur la notion de la mise en scène de l’artiste elle-même. Par ailleurs, elle a influencé de nombreux photographes en tant que précurseuse de l’ergonomie de systèmes de coordonnées analytiques aux pré-requis techniques des appels à « Projets artistiques » utilisant les navigateurs Internet Firefox Mozilla, Explorer, Chrome, Opera, Safari, Java et disposant des logiciels de lecture des différents formats et fichiers compressés au standard .zip, .pdf, .doc, .xls, .rtf, .gif, .jpg, .png, .dxf et .dwg. Depuis ses rencontres déterminantes avec Judy Chicago et Louise Bourgeois, elle prône l’égalité du butt plug pour tous. Elle boycotte les résidences d’artistes aux valeurs de l’Artist-Run Space qui offrent des allocations de moins de 1.135€ mensuels comprenant les droits d’auteur, les frais de production et le défraiement des allers-retours du domicile au lieu de résidence et qui ont pour objectifs : 1. de capter le public passant ; 2. de révéler des publics qui s’ignorent ; 3. de déjouer les places assignées à chacun. De plus, ces appels insistent sur la garantie ne pas avoir fait l’objet, depuis moins de cinq ans, d’une condamnation définitive pour l’une des infractions prévues aux articles 222-38, 225-1, 313-1 à 313-3, 314-1 à 314-3, 421-1 à 421-2-3, au deuxième alinéa de l’article 421-5, à l’article 433-1, au second alinéa de l’article 433-2, au huitième alinéa de l’article 434-9, au second alinéa de l’article 434-9-1, aux articles 435-3, 435-9, 435-10, 441-9, 445-1 et 450-1 du Code pénal, à l’article 1741 du Code général des Impôts, aux articles L. 2339-2 à L. 2339-4, L. 2339- 11-1 à L. 2339-11-3 du Code de la Défense et à l’article L. 317-8 du Code de la Sécurité intérieure, d’une condamnation inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire pour les infractions mentionnées aux articles L. 8221- 1, L. 8221-5, L. 8241-1 et L. 8251-2 du Code du Travail, ou pour une infraction de même nature dans un autre État de l’Union européenne.

 

 

Traduction en langue française :

Isabelle Rozenbaum n’a jamais rêvé d’être photographe. Son rosebud – appareil photo factice qu’elle a toujours avec elle, transmis par son grand-père maternel, survivant de la Shoah – ne lui permet pas, par chance, de laisser de trace de sa vision du monde d’enfant. Elle a lu Jorge Luis Borges et D.H Lawrence à l’âge de 10 ans et s’est mise très tôt à parler avec les fantômes qui hantent ses rêves. Depuis qu’elle a vu les documents photographiques des camps d’extermination de Birkenau et de Dachau, elle porte des lunettes de soleil à double foyer. Son nom est son pseudo, ou plutôt, son pseudo est son nom puisqu’il est l’anagramme de son nom civil. Elle obtient plusieurs résidences croisées de création en France, au Japon, au Canada, que ce soit en architecture ou en arts numériques, mais préfère toujours regarder les étoiles et manger des côtelettes de fesse. Un jour, à la question d’un journaliste sur la consistance et la pertinence de sa démarche en tant qu’artiste, elle a répondu avoir régulièrement organisé, à Paris et à New York, des rassemblements artistiques subversifs devenus célèbres par le simple fait de n’avoir jamais été réalisés, puisqu’ils ont tous été interdits. Elle a digéré 20.449 petits déjeuners depuis sa naissance mais n’a jamais fumé une seule fois. Pour Isabelle Rozenbaum, l’univers du sommeil et du rêve comme celui de la radioactivité invisible, deviennent les seuls territoires à investir en image, aujourd’hui, face à l’impasse de l’imagination, après ce désastre du XXe siècle que représente le plus grand crime industriel d’extermination d’une partie de l’humanité. Elle rêve en couleurs mais se révèle complètement daltonienne. Ses œuvres tracent une voie personnelle qui reconsidère les traumas en actes de résistance et tente ainsi de révéler ce qu’on ne peut voir comme le désir, la mort, le temps, la parole et toutes ces images fantômes qui nous hantent. Isabelle Rozenbaum refuse systématiquement toutes distinctions et récompenses ainsi que tous les prix décernés pour ses créations en mémoire de son père apatride et qui ne put jamais être naturalisé français, bien que résistant juif polonais ayant appartenu au groupe du poète Missak Manouchian des FTP-MOI. Tous les jours, elle médite sur cette parole de Malraux : « L’art est la seule chose qui résiste à la mort ».

 

 

Traduction en langue anglaise :

After studying at the Art Institute of Chicago, the Centro de la Imagen in Mexico City, the Institute of Art, Design and Technology in Dublin, the Centro Universitário Belas Artes in São Paulo, and the Center for Visual Arts in Montreal, Isabelle Rozenbaum took more than five years to unlearn the teachings she had followed and that taught her nothing about art. She also doesn’t seem to like anchovies in boxes. Her rosebud is a dummy camera, a toy for children, which her maternal grandfather, survivor of the Shoah, had offered to her. Upon returning from trips from around the world, she founds the collective « Crisis of nerves before the storm » with five other photographers. Based in offices with more than 25 workstations connected in real-time with AFP, Associated Press, Reuters Trust and BBC Trust, they document global conflicts together until they are reached, by the idiocy of banality and indecency. Afterwards, « Crisis of nerves before the storm » was created, in collaboration with the PhotoAlto agency, and inspired by the market of traditional image banks to create a new economic model: Boom !, a gateway to images auctions of which only a single copy is available for each. The image self-destructs automatically after being downloaded without payment, Boom! intends to combat the reproducibility of digital photography and the virality of unlimited exchanges. Richard Prince, American bulimic artist, takes several hundred original photographs of Boom! Thereby fueling media controversy over the principle of fair use, and against his will – by a chain effect – he thereby drives Boom! Into the CAC40. Isabelle Rozenbaum, who personally likes to erase Robert Rauchenberg’s drawings, produced his major work « Parasites », which questions the art of the 21st century, namely that it is not based on the secret of disappearance of a sock in the laundry basket.

 

 

Traduction en langue française :

Après avoir abandonnée sa thèse de doctorat à Paris 1 Panthéon-Sorbonne sur les œuvres d’art invisibles du XXe siècle, Isabelle Rozenbaum devient une experte incontournable en problem solving dans une start-up de la French Tech privilégiant le storytelling de la net economy et de l’empowerment. Elle n’a jamais joué au docteur et a lu d’innombrables comics dès l’âge de 4 ans. Mais elle est surtout connue pour avoir développé des applis ludiques grâce au trading algorithmique dans l’espace data-panoptisme pour les fameux dispositifs de quantified self de métadonnées du neuromarketing. À ce titre, elle est particulièrement influencée par la batrachomyomachie. Sa frénésie des algorithmes nourrit sa néomanie qu’elle apaise par ses rêves lucides ou par des scansions de vers antiques qui, avec le temps, développent son imaginaire. La découverte de la « Dreamachine » de Brion Gysin, un des fondateurs du mouvement Beat Generation, marque un changement radical dans son activité de recherche de solutions immédiates à des problèmes immédiats d’états de veille grâce à cette machine à rêves, véritable processus de révélation initiatique, stimulant l’imagination et ses capacités visionnaires. Depuis, Isabelle Rozenbaum permute de langage et ne jure plus que par les Vaches du ciel de Bachelard, une pure image du mouvement lent. Elle reprend alors les recherches entamées durant sa thèse et se consacre totalement à l’image fixe ou vidéo, notamment dans le monde du rêve. Rêvant elle-même en couleur, tous ses films sont donc en couleur. « Sleeping Works », série inspirée des ondes alpha et des minutes de silence de John Cage, est par sa tentative d’épuisement du dreamtime, son œuvre la plus ambitieuse. Elle est reconnue tardivement mais ses oeuvres influencent particulièrement les nouvelles générations d’artistes.

 

 

Traduction en langue française :

Isabelle Rozenbaum est née sous le signe du Rat et, étrangement, n’a pas d’ascendant. Elle a toujours été nulle en mathématiques mais est très douée en lettres de motivation. Après des études d’hydrogéologie et d’ethnologie, elle s’oriente vers l’art et choisit l’Universität der Künste de Berlin où Dieter Appelt enseigne la photographie. Elle s’impose très rapidement comme artiste avec sa première exposition photographique « NumEroSmuN » à la galerie Yvon Lambert à Paris, série énigmatique sur les tatouages des déportés survivants de la Shoah. Tout comme Anselm Kieffer, sa volonté est de réveiller constamment les consciences en affirmant que le nazisme et la Lingua Tertii Imperii sont toujours des puissances de destruction latentes dans notre quotidien. Son pseudo est constitué des numéros : SS-2600475012083, CI-1506334006486, PC-06DH5523, CG-2014DZ32072, CB-4974088300010668, RF-760675150828, OVH-RIH2395, AGESSA-028941, CP-881600013732, etc. À travers les mises en scène de son propre corps en tant que matériau universel – notamment, dans sa série « Antichambres » en référence au tableau d’Anselm Kieffer, « La Rose donne du miel aux abeilles » -, Isabelle Rozenbaum questionne le corps social sans pour autant jamais se laisser border ni étiqueter, incarnant le rôle de perturbateur du réel afin d’accéder vers une conscience profonde de soi et de son environnement. Elle déteste les lépidoptéristes et refuse catégoriquement d’être exposée dans les foires artistiques. Il y a quelques années, elle s’est à nouveau imposée grâce à ses projections simultanées de vidéos géantes dans les rues de toutes les capitales d’Europe. Pour l’occasion, celles-ci étaient projetées dans des espaces publics à la vitesse des éclairs de flashs d’images programmées mais sans que, jamais, personne ne sût d’où ces dernières provenaient, ni ne pût les identifier, provoquant ainsi – de par les propos véhéments qui y étaient tenus sur l’illusion de la démocratie, de la vie privée et de la liberté d’expression – une manifestation culturelle mémorable. La rétrospective de son œuvre au Museum of Contemporary Art de Chicago révèlera, peu après, ses sculptures d’organes gigantesques, ses photographies d’insomniaques, ses rêves-fictions inédits, et également, « Oscar », un squelette en acier, agrandi de cinq fois sa taille réelle pour atteindre plus de sept mètres, en dialogue avec « Félix », le squelette créé par Maurizio Cattelan, un des amis les plus chers d’Isabelle Rozenbaum. « Oscar » – œuvre résistante au feu – est, depuis, devenu le symbole de la mémoire collective des génocides.

 

 

Traduction en langue française :

Après des études en ethnolinguistique et en ethnologie culinaire, notamment sur l’Hara Hachi Bu, Isabelle Rozenbaum, née à Paris, fait le tour du monde afin de réaliser une importante série photographique sur les rituels alimentaires du quotidien. Elle continue de voyager en réalité augmentée, grâce à la réalité virtuelle, vers des pays plus vrais que nature et qui esquisse déjà l’avenir du divertissement, des réseaux sociaux et de l’évolution cybernétique tout en étudiant l’impact prépondérant de l’industrie agroalimentaire sur son existence. Depuis qu’elle se connecte en réalité virtuelle, elle reçoit des visions de son rat d’enfance. Influencée par l’œuvre d’Allan Sekula et par son enseignement au California Institute of the Arts, elle fait rapidement partie des artistes qui collaborent au Massachusetts Institute of Technology pour accompagner le phénomène du cyberbullying tout en refusant catégoriquement de réaliser des vidéos de storytelling sur le sujet car, pour elle, l’image doit produire du langage et faire sens. Elle se réinvente constamment n’ayant pas vraiment le choix. Elle a collaboré avec la galerie PACE de New York sur le projet « Futurecity » afin d’explorer un monde où l’échange de disciplines devient la norme des nouveaux makers. Toutefois, elle préfère créer seule, et approfondir le monde onirique dans ses œuvres photographiques et vidéo comme territoire innovant de l’image et de la conscience à travers la mise en scène de son propre corps en tant que « matériau universel » : « Sleeping Works ». Ce work in progress, présent dans de nombreuses collections privées et publiques de renommée internationale, est constitué de rêves-fictions reliés à une interface secrète connectée à la noosphère et propose des options métaphysiques loin des espaces contrôlés comme nouvelle manière de voyager à travers les différentes dimensions spatio-temporelles.