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État de veille : Présentation

État de veille ou état d’urgence ? Et si l’insécurité suprême était de vivre dans un monde où strictement rien de ce que nous exprimons et faisons ne pouvait être intime ou privé ? Et si le contrôle découlait d’une demande sociale massive ? Et si le remède soignait et contaminait en même temps ? Et si le luxe et la « grande vie » produisaient autant la pauvreté et la décadence sociales et culturelles ? Et si l’aveuglement était de désirer un Big Father ou une Big Mother pour veiller sur nous ? Et si l’émancipation et la liberté alimentaient nos pires angoisses ? Et si les corps ne servaient plus que de chair alimentaire et publicitaire ? Et si le sommeil n’était plus qu’un rêve ? Et si nos aspirations se résumaient à quantifier l’inqualifiable chaos de la vie qui déborde ? Et si cette pensée de Michel Foucault était une invitation à méditer en création ? : « La seule chose qui soit vraiment triste, c’est de ne pas se battre ».

Standby State or State of emergency? And if the supreme insecurity was to live in a world where strictly nothing that we express and do could be intimate or private? What if control stemmed from massive social demand? What if the remedy cures and contaminates at the same time? And if luxury and « great life » produced so much social and cultural poverty and decadence? What if the blindness was to desire a Big Father or a Big Mother to watch over us? And if emancipation and freedom were to fuel our worst anxieties? What if the bodies were only food and advertising flesh? What if sleep were only a dream? And what if our aspirations were to quantify the unspeakable chaos of life that overflows? What if Michel Foucault’s thought was an invitation to meditate on creation? : « The only thing that is really sad is not to fight. »